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Clôture, abri, pergola : déclaration ou non

Une clôture, un abri de jardin et une pergola n’ont pas le même régime. Le Code de l’urbanisme tranche pour les deux premiers ; pour la pergola, il ne la nomme pas, et la commune compte beaucoup.

La clôture

Clôture : libre, sauf quatre cas

Une clôture est dispensée de toute formalité d’urbanisme, sauf si elle se trouve dans l’un des quatre cas de l’article R*421-12, qui impose alors une déclaration préalable. Textes lus sur Légifrance le 23/10/2026.

  • le périmètre d’un site patrimonial remarquable classé, ou les abords d’un monument historique ;
  • un site inscrit, un site classé ou en instance de classement ;
  • un secteur que le PLU a délimité au titre des articles L. 151-19 ou L. 151-23 ;
  • une commune, ou une partie de commune, dont le conseil a décidé de soumettre les clôtures à déclaration.

Aucune hauteur n’intervient dans ces quatre cas. Le dernier dépend d’une délibération locale que le Code ne liste pas : seule la mairie dit si la commune l’a prise.

Un mur est jugé à part. Moins de 2 m de haut : aucune formalité, sauf s’il constitue une clôture des quatre cas ci-dessus. Deux mètres ou plus : déclaration préalable (article R421-9, e). Dans un secteur protégé, tout mur demande une déclaration, quelle que soit sa hauteur (article R421-11, I, c). Un mur de soutènement est dispensé hors secteur protégé (article R*421-3, a).

Hauteur, matériaux

Ce que le PLU ajoute à la clôture : hauteur, matériaux

Le Code ne fixe aucune hauteur de clôture. C’est le PLU qui le fait.

Exemple, le règlement de Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique), PLU approuvé le 28/01/2020, modification simplifiée n°2 du 08/07/2025, zones d’habitat Ua, Ub, Uc et 1AUa, article 5.1.4 :

  • Sur la rue : un mur de 1,2 m au plus (parpaings enduits des deux faces, ou pierres apparentes), surmonté ou non d’éléments à claire-voie, l’ensemble ne dépassant pas 1,80 m ; ou un grillage sur soubassement de 0,5 m au plus, éventuellement doublé d’une haie, ensemble de 1,80 m au plus (page 61).
  • Entre voisins : « Les clôtures en limites séparatives auront une hauteur maximale de 1,80 mètre. » (page 61).
  • Matériaux interdits : matériaux de récupération, plaques de plus de 0,50 m de haut, filets et films plastiques (pages 60 et 61). Un grillage doit être doublé d’un accompagnement végétal (page 60).
  • Dans la ZAC du Malessard (secteur Ubz), la même commune fixe autre chose : 1,50 m au plus entre voisins, au-delà de la marge de recul (page 63).

Dans une même commune, la zone du terrain change la réponse.

Abri de jardin

Abri de jardin : cinq, vingt, et la maison

Pour un abri indépendant de la maison, la surface décide :

  • 5 m² ou moins, en emprise au sol et en surface de plancher : aucune formalité (article R*421-2, a).
  • Plus de 5 m² et jusqu’à 20 m² : déclaration préalable (article R421-9, a).
  • Plus de 20 m² : permis de construire, règle par défaut (article R*421-1).

Dans un secteur protégé, la dispense jusqu’à 5 m² tombe : déclaration préalable dès le premier mètre carré, jusqu’à 20 m² (article R421-11, I, a).

Un abri accolé à la maison est jugé comme un travail sur construction existante : déclaration préalable de plus de 5 m² à 20 m², portée à 40 m² en zone urbaine d’un PLU ; permis au-delà (articles R*421-17, f, et R*421-14). Le service public précise que le PLU peut le considérer comme une construction nouvelle ou comme une extension : à lire dans le règlement. Entre 20 et 40 m², le permis s’impose si les travaux portent la surface totale de la construction au-delà de 150 m², seuil du recours à un architecte (articles R*421-17, f, et R*431-2).

Le règlement de Sainte-Pazanne ajoute, pour l’abri de jardin :

  • Taille : 15 m² d’emprise au plus (pages 11 et 52) ; le Code, lui, va jusqu’à 20 m².
  • Hauteur : 2,5 m au plus (page 53).
  • Implantation : 3 m au moins de la voie pour une annexe non accolée (page 55) ; 3 m des limites, sauf les annexes en bois ou en structure métallique de moins de 15 m², qui peuvent se poser en limite ou à 0,5 m (page 56).

Un abri de 18 m² est donc admis par le Code et sort de la définition du règlement : la mairie tranche.

La pergola

Pergola : le mot n’est pas dans le Code

Aucun article du Code de l’urbanisme ne nomme la pergola. Le service public la traite comme une construction jugée sur son emprise au sol, avec le carport et l’abri à bois. Il rappelle que le PLU peut la considérer comme une construction nouvelle ou comme une extension.

  • Construction nouvelle, 5 m² d’emprise ou moins, hors secteur protégé : aucune formalité, sauf si elle modifie l’aspect extérieur du bâtiment (pergola accolée).
  • Plus de 5 m² et jusqu’à 20 m² : déclaration préalable.
  • Extension en zone urbaine d’un PLU : déclaration préalable jusqu’à 40 m².

L’emprise au sol se mesure par la projection verticale du toit. Une pergola bioclimatique, à lames orientables, compte comme les autres : le règlement de Sainte-Pazanne le dit en toutes lettres, au lexique (page 15). Il n’en réglemente pas l’aspect (page 60) et n’a, dans ses zones d’habitat, aucune règle d’implantation propre à la pergola dans les pages lues.

Sans règle particulière du PLU, la fiche du service public indique qu’une pergola se pose en limite de terrain ou à 3 m au moins de celle-ci. Le PLU de la zone peut dire autre chose.

Si les côtés d’une pergola sont fermés, elle peut compter comme surface de plancher : l’article R111-22 retient un niveau clos et couvert. Ce cas se regarde sur plan.

Dans l’outil

Les questions que Phegos pose au règlement

Pour la clôture : hauteur sur la rue, hauteur entre voisins, matériaux, déclaration en mairie. Pour l’abri : taille, implantation, zone inondable. Pour la pergola : toit plat, aspect vu de la rue, emprise et seuil, implantation.

Chaque réponse porte le passage lu, sa page et l’état de la lecture : vérifiée, partielle, non relue, renvoi à un autre article, ou « rien dans les pièces lues », c’est-à-dire que le règlement lu ne répond pas à la question.

Pour la piscine, voir les règles d’urbanisme d’une piscine.

Vos questions

Questions

Une pergola bioclimatique demande-t-elle une déclaration ?

Elle se juge sur son emprise au sol, projection du toit comprise. Jusqu’à 5 m² et indépendante, aucune formalité. Au-dessus de 5 m² et jusqu’à 20 m², une déclaration préalable. Accolée à la maison, elle peut modifier l’aspect extérieur du bâtiment : déclaration préalable (article R*421-17, a). En secteur protégé, la dispense jusqu’à 5 m² ne joue plus (article R421-11, I, a).

Faut-il déclarer une clôture de jardin ?

Pas dans le cas général. Oui si le terrain est en site patrimonial remarquable classé, aux abords d’un monument historique, en site inscrit ou classé, dans un secteur que le PLU protège au titre du patrimoine ou du paysage (articles L. 151-19 et L. 151-23), ou dans une commune qui a décidé de soumettre les clôtures à déclaration.

Un abri de 4 m² demande-t-il quelque chose ?

Rien hors secteur protégé et s’il n’est pas accolé à la maison. Accolé, il peut modifier l’aspect extérieur du bâtiment, ce qui appelle une déclaration préalable (article R*421-17, a). En secteur protégé, la déclaration est exigée dès le premier mètre carré. En réserve naturelle ou en cœur de parc national, deux articles se recoupent : la mairie tranche.

Et si la commune n’a pas de PLU ?

Le règlement national d’urbanisme s’applique, et les seuils du Code restent ceux ci-dessus.

Ces règles ont-elles changé récemment ?

Les articles de seuils (R*421-2, R421-9, R421-11) ont été modifiés pour la dernière fois le 13/11/2024 ; R*421-17 l’a été le 20/02/2026, par un texte qui ne touche pas ces ouvrages. Passages lus le 23/10/2026.