Taxe d’aménagement : répondre au client qui fait une piscine ou un abri
Votre client demande ce que sa piscine ou son abri lui coûtera en taxe. Le calcul suit, ligne à ligne, avec les valeurs de 2026 et les taux que la commune a votés.
La formule
La formule : surface, valeur au mètre carré, taux
La taxe d’aménagement se calcule en multipliant la surface taxable par une valeur forfaitaire au mètre carré, puis par le taux de chaque collectivité. Elle s’additionne en trois parts au plus : la commune (ou l’intercommunalité), le département et, en Île-de-France, la région. Valeurs lues sur Légifrance le 23/10/2026.
La valeur forfaitaire d’un mètre carré de bassin de piscine en 2026. Elle était de 262 € en 2025.
Code général des impôts, article 1635 quater J, version du 01/07/2026
La valeur d’un mètre carré de surface de construction en 2026 hors Île-de-France, 1 011 € en Île-de-France.
Code général des impôts, article 1635 quater H, version du 01/07/2026
Les taux : la commune vote entre 1 % et 5 %, jusqu’à 20 % dans certains secteurs, 1 % à défaut de délibération ; le département 2,5 % au plus ; la région d’Île-de-France 1 % au plus. Si un projet recoupe plusieurs secteurs de taux différents, le taux le moins élevé s’applique (articles 1635 quater L, M, N et O).
Les valeurs et les taux sont ceux en vigueur à la date de l’autorisation : délivrance du permis, ou non-opposition à la déclaration préalable.
La piscine
Une piscine, pas à pas
Tous les bassins sont taxés selon leur superficie, couverts ou non (doctrine fiscale, BOFiP, 26/08/2026). Sous une couverture de plus de 1,80 m de hauteur, la margelle, la terrasse ou le dallage autour du bassin comptent aussi. Ils forment une surface taxable, à 892 € le mètre carré (BOFiP, § 130). Un bassin de 10 m² ou moins est dispensé de formalité d’urbanisme et, hors secteur protégé, n’est pas imposable.
Exemple. Un bassin de 8 m sur 4 m, soit 32 m², aux Sables-d’Olonne (Vendée). Taux lus dans le jeu fichier des taux de la DGFiP le 23/10/2026 : 5 % pour la commune, 2,5 % pour le département, pour une autorisation délivrée en 2026 (le département est passé de 1,5 % à 2,5 % le 1er janvier 2026).
- Base : 32 m² × 251 € = 8 032 €.
- Part communale : 8 032 € × 5 % = 401,60 €.
- Part départementale : 8 032 € × 2,5 % = 200,80 €.
- Soit 602,40 € de taxe d’aménagement.
Sur certaines parcelles de cette commune, le taux communal est de 14 % : 8 032 € × (14 % + 2,5 %) = 1 325,28 €. Seule la parcelle exacte du projet fixe le taux. Sur quelques parcelles, le fichier porte un code et non un taux : la mairie répond.
À la taxe d’aménagement s’ajoute la taxe d’archéologie préventive, 0,40 % de la même base pour les opérations qui affectent le sous-sol (article 235 ter ZG, VI) : un bassin enterré en relève, d’après notre lecture du texte. Ici, 8 032 € × 0,40 % = 32,13 €. L’abattement de résidence principale ne s’applique pas à une piscine (article 1635 quater I).
Ce calcul est un ordre de grandeur lu dans un fichier, pas le montant officiel. Le montant dû est celui de l’avis de l’administration.
Abri de jardin
Un abri de jardin : rien, ou beaucoup selon la commune
Un abri de 5 m² ou moins est exonéré de plein droit (article 1635 quater D, I, 10°). Au-delà, il est taxé comme surface de construction dès qu’il est clos et couvert : mesurée au nu intérieur des façades, à la valeur de 892 € le mètre carré.
La commune ou le département peut exonérer les abris de jardin de 20 m² ou moins, en tout ou en partie (article 1635 quater E, I, 6°). Depuis le 1er janvier 2026, cette exonération ne suppose plus que l’abri ait fait l’objet d’une déclaration préalable : seul le seuil de surface compte (loi de finances pour 2026, article 115 ; BOFiP du 26/08/2026).
Exemple. Un abri de 12 m², maison déjà au-delà de 100 m² donc sans abattement de résidence principale, taux de 5 % + 2,5 % :
- Base : 12 m² × 892 € = 10 704 €.
- Si la commune n’a pas voté d’exonération (Saint-Médard-en-Jalles, Gironde, dans le jeu DELTA) : 10 704 € × 7,5 % = 802,80 €.
- Si la commune a exonéré à 100 % (Les Sables-d’Olonne) : il reste la part du département, 10 704 € × 2,5 % = 267,60 €. L’exonération de la commune ne joue pas sur la part départementale, qui suit la délibération du département.
Deux abris identiques, deux réponses à plusieurs centaines d’euros d’écart. La ligne « exonération des abris » se lit commune par commune, avant de répondre au client. Un abri de plus de 20 m² n’est jamais couvert par cette exonération.
Si la maison de l’exemple était une résidence principale de moins de 100 m², un abattement de 50 % s’appliquerait sur la part restante de ces 100 premiers m², annexes comprises (article 1635 quater I).
La pergola
Une pergola : ouverte, elle ne compte pas
Le ministère de l’économie écrit que les bâtiments ouverts sur l’extérieur, comme les pergolas, sont exclus de la surface taxable. La doctrine fiscale (BOFiP) ne cite pas le mot, mais fixe le critère : une surface est taxable si le niveau est clos et couvert. Une porte, une fenêtre, une toiture amovible, un volet ou un rideau métallique comptent comme des fermetures.
D’après ces textes, une pergola ouverte n’ajoute pas de surface taxable. Une pergola fermée sur son pourtour peut en ajouter une : ce cas se regarde sur plan, avec l’administration, avant de répondre au client.
Taxe 2026
Une nouvelle taxe sur les piscines en 2026 ?
La loi de finances pour 2026 (loi du 19 février 2026, texte complet lu le 23/10/2026) ne contient pas le mot « piscine ». Elle ne modifie pas l’article qui fixe la valeur du bassin. Elle touche la taxe d’aménagement ailleurs : abris de jardin, bâtiments transformés en logements. Ce qui concerne les piscines :
- la valeur du bassin est actualisée chaque 1er janvier : 262 € le mètre carré en 2025, 251 € en 2026 ;
- l’administration repère les piscines non déclarées par photographies aériennes depuis fin 2022 : 20 000 piscines non déclarées ont été détectées en 2022 ;
- la déclaration de construction nouvelle se fait dans les quatre-vingt-dix jours de l’achèvement des travaux (article 1406 du Code général des impôts) ;
- la taxe d’aménagement n’est pas annuelle ; la taxe foncière l’est.
Taxe foncière
Taxe foncière : Phegos ne la calcule pas
La taxe foncière dépend de la valeur locative que fixe l’administration. Ni le Code général des impôts ni le BOFiP ne donnent de formule pour une piscine : le chiffre ne peut pas être annoncé au client.
Ce que le texte permet de dire : la déclaration dans les quatre-vingt-dix jours peut ouvrir droit à une exonération de deux ans, qui n’est pas automatique et dépend des délibérations locales (articles 1406 et 1383, et service-public.gouv.fr).
Dans l’outil
Ce que Phegos fait de cette règle
Vous donnez la commune, l’ouvrage et la surface. Phegos lit les taux votés, la parcelle quand le fichier la donne, l’exonération des abris, le cas des secteurs, et pose le calcul comme ci-dessus, ligne à ligne. Un taux absent ou inexploitable n’est jamais remplacé : la ligne reste « à demander en mairie ».
Voir aussi les règles d’urbanisme d’une piscine.
Vos questions
Questions
Faut-il payer la taxe d’aménagement pour une piscine de 9 m² ?
Non : un bassin de 10 m² ou moins est dispensé de formalité d’urbanisme, et le BOFiP dit qu’il n’est pas imposable. En secteur protégé, le service public mentionne une déclaration préalable : la mairie confirme.
Quand la taxe est-elle payée ?
Par titre de l’administration, émis à compter de quatre-vingt-dix jours après la date d’exigibilité. Un titre unique si le montant n’excède pas 1 500 €, sinon deux titres de moitié chacun, le second six mois après le premier (article 1679 octies).
Les valeurs changent-elles chaque année ?
Oui, au 1er janvier, selon l’indice du coût de la construction, arrondies à l’euro inférieur. Celles de 2026 sont 892 €, 1 011 € et 251 €.
Une piscine sous abri haut change-t-elle le calcul ?
Oui. Sous une couverture de plus de 1,80 m de hauteur, la margelle, la terrasse ou le dallage autour du bassin comptent en plus comme surface taxable, à 892 € le mètre carré (BOFiP, § 130, lu le 23/10/2026). Le bassin reste compté à 251 € le mètre carré.
Mon document affiche 930 €, 1 054 € ou 262 € : pourquoi ?
Ce sont les montants de 2025. Les valeurs de 2026 s’appliquent aux opérations dont le fait générateur (l’autorisation) intervient en 2026 (BOFiP). Légifrance a affiché les montants de 2025 jusqu’au 30 juin 2026, puis le décret du 29 juin 2026 a mis le texte à jour.
Le taux de la commune peut-il changer ?
Oui, par délibération. Le taux qui compte est celui en vigueur à la date de l’autorisation.
Votre calcul est-il définitif ?
Non. Il s’appuie sur les valeurs nationales et sur les taux publiés par la DGFiP. L’avis de l’administration fait foi.